Il fut un temps où les salons de haute-fidélité parlaient essentiellement d'amplificateurs, de platines vinyles et d'enceintes. Ces équipements occupent toujours une place importante, mais le marché audiovisuel a largement dépassé cette seule définition.
Au Paris Audio Video Show 2026, les téléviseurs haut de gamme côtoient les vidéoprojecteurs laser, les installations home-cinéma multicanales, les casques audiophiles et les systèmes audio connectés.
L'événement s'est déroulé les samedi 24 et dimanche 25 octobre au Palais des Congrès de Paris, Porte Maillot. Après ces deux journées ouvertes au public, le lundi 26 octobre est réservé aux professionnels et à la presse.
L'organisateur annonçait 16 000 mètres carrés d'exposition, environ 130 exposants et plus de 500 marques représentées.
Ces données témoignent de l'ambition du rendez-vous, mais elles ne constituent pas encore un bilan définitif de l'édition.
Pour la fréquentation, le seul chiffre historique précisément annoncé concerne 2025, avec 33 450 visiteurs.
Le programme 2026 permet surtout d'observer les orientations prises par les fabricants. Qualité des couleurs, immersion lumineuse, spatialisation du son et simplification des installations figurent parmi les grands thèmes de cette édition.
Sony et TCL placent les technologies d'affichage au premier plan
L'une des interventions les plus attendues du samedi était consacrée à Sony.
La marque avait réservé sa présentation de 13 heures à sa technologie True RGB, intégrée à sa stratégie d'évolution des téléviseurs Bravia.
L'idée générale consiste à travailler plus précisément sur la production et le contrôle des couleurs à partir du système de rétroéclairage.
Il faut toutefois distinguer cette approche des technologies OLED, dans lesquelles les pixels produisent directement leur propre lumière.
Dans un téléviseur à rétroéclairage, la lumière provient d'une source située derrière la dalle.
La manière dont cette lumière est produite, filtrée et contrôlée influence le rendu des couleurs, la luminosité et le contraste.
Le nom True RGB ne suffit donc pas à établir, à lui seul, une supériorité systématique sur tous les écrans concurrents.
Pour juger la qualité finale, il faudrait mesurer la fidélité colorimétrique, le comportement des zones de rétroéclairage, les angles de vision et les performances dans des scènes difficiles.
TCL occupait également le programme du samedi avec une présentation consacrée au SQD-Mini LED.
Cette technologie s'inscrit dans l'évolution des systèmes LCD haut de gamme, où la maîtrise du rétroéclairage joue un rôle essentiel.
Les téléviseurs Mini LED utilisent de très petites sources lumineuses réparties derrière la dalle et organisées en zones contrôlables.
Cette architecture peut améliorer la gestion du contraste, notamment en réduisant la quantité de lumière envoyée vers les parties sombres d'une image.
Mais le nombre de zones ne constitue pas un critère suffisant.
La qualité des algorithmes de gradation, la vitesse de réaction et la manière dont le téléviseur gère les éléments lumineux sur fond noir restent déterminantes.
Le Paris Audio Video Show offre donc une vitrine à plusieurs approches techniques différentes, dont les promesses doivent être vérifiées sur des appareils commercialisés et testés dans des conditions comparables.
Philips défend l'immersion au-delà de l'écran
À 14 heures le samedi, Philips consacrait son intervention à Ambilight.
Cette technologie projette des effets lumineux derrière le téléviseur, généralement en fonction des couleurs affichées à l'écran.
L'objectif n'est pas de modifier les performances intrinsèques de la dalle, mais d'étendre visuellement l'ambiance de l'image autour du téléviseur.
Dans une pièce sombre, cet éclairage peut contribuer à une impression d'immersion plus importante.
Il peut aussi modifier la perception du contraste par le spectateur, sans augmenter pour autant le contraste mesuré de l'écran.
C'est une distinction importante dans la comparaison des technologies.
True RGB, Mini LED et Ambilight ne répondent pas exactement au même besoin.
Les deux premières approches concernent l'affichage lui-même et sa production lumineuse. La troisième travaille sur l'environnement visuel.
Pour un acheteur, ces différences peuvent compter davantage que l'accumulation de noms commerciaux.
La vidéoprojection veut conserver sa place dans le salon
La journée du dimanche mettait particulièrement l'accent sur la projection.
XGIMI présentait sa vision des évolutions du secteur à 14 heures, tandis qu'Hisense intervenait à 15 heures sur les questions d'immersion et de fidélité des couleurs.
AWOL LuxVision figurait également au programme.
La vidéoprojection laser constitue une solution attractive pour les utilisateurs qui veulent obtenir une image beaucoup plus grande que celle d'un téléviseur traditionnel.
Les projecteurs à ultra-courte focale permettent notamment de placer l'appareil relativement près de la surface de projection.
Cela peut faciliter leur intégration dans un salon, sans nécessiter une installation au plafond ou au fond de la pièce.
Mais cette simplicité apparente ne dispense pas de tenir compte de l'environnement.
Une grande image projetée dans une pièce lumineuse ne se comporte pas comme une dalle de télévision capable d'émettre directement une forte luminosité.
La qualité de l'écran de projection, le contrôle de la lumière ambiante et la précision de l'installation peuvent modifier considérablement le résultat.
Les démonstrations en salon permettent de découvrir le potentiel de ces appareils, mais elles se déroulent généralement dans des environnements préparés par les exposants.
Pour une installation domestique, mieux vaut donc vérifier les performances dans une pièce proche de celle dans laquelle le projecteur sera réellement utilisé.
Le home-cinéma ne se résume plus au choix d'un grand écran
L'image est un élément central de l'expérience, mais le son conserve une importance considérable.
Yamaha présentait ses nouveautés home-cinéma le samedi, tandis que Marantz occupait une intervention du dimanche avec sa gamme Cinema Série 2.
Ces deux marques représentent une approche fondée sur l'amplification et la gestion des différentes enceintes d'une installation.
Un amplificateur home-cinéma ne se contente pas d'augmenter le volume.
Il doit traiter plusieurs canaux, adapter le signal aux haut-parleurs disponibles et gérer les paramètres acoustiques de la pièce.
Dans les installations immersives, la disposition des enceintes contribue directement à la perception des effets sonores.
Les formats multicanaux peuvent intégrer des canaux de hauteur afin de placer certains sons au-dessus du spectateur.
Le rendu dépend pourtant de nombreux facteurs.
Une pièce très réverbérante, des enceintes mal positionnées ou un caisson de basses incorrectement réglé peuvent dégrader une installation pourtant équipée de composants coûteux.
Les systèmes de calibration automatique constituent une aide, mais ne corrigent pas toutes les contraintes acoustiques.
L'enjeu pratique consiste à choisir un ensemble cohérent plutôt qu'à multiplier les enceintes sans réflexion sur leur placement.
Bluesound, NAD et WiiM rapprochent la hi-fi des usages connectés
Les sources musicales ont profondément évolué.
Le disque compact et le vinyle conservent leurs adeptes, mais une grande partie des écoutes passe désormais par des catalogues en ligne, des applications mobiles et des systèmes de diffusion réseau.
Cette transformation apparaît nettement dans les interventions de Bluesound, NAD et WiiM.
Bluesound et NAD présentaient BluOS et ses possibilités de diffusion multiroom premium.
Le multiroom permet d'organiser la lecture musicale sur plusieurs appareils installés dans différentes pièces.
L'utilisateur peut chercher à diffuser le même morceau partout ou à faire fonctionner plusieurs zones indépendamment.
Derrière cette simplicité d'utilisation se cachent plusieurs difficultés techniques.
Les appareils doivent communiquer correctement sur le réseau domestique, conserver une synchronisation suffisante et gérer les différents formats audio.
La qualité du logiciel joue donc un rôle aussi important que les caractéristiques de l'amplification.
WiiM intervenait pour sa part sur son développement dans le home-cinéma.
Cette orientation montre comment les marques historiquement associées à l'audio connecté cherchent à étendre leur place dans l'équipement audiovisuel du salon.
Le consommateur doit cependant vérifier les fonctions réellement prises en charge par chaque appareil.
La compatibilité réseau, les formats audio, la gestion des enceintes et les possibilités d'évolution ne sont pas identiques d'une plateforme à l'autre.
Focal, DALI et Cambridge Audio maintiennent la hi-fi au centre du salon
Malgré la présence croissante des écrans et des services connectés, la haute-fidélité reste au cœur du Paris Audio Video Show.
Le dimanche, Focal revenait sur ses technologies acoustiques et DALI sur le renouvellement de son catalogue.
Cambridge Audio présentait également sa famille d'enceintes actives L/R.
Les enceintes actives illustrent une tendance intéressante.
Elles intègrent leur propre amplification et peuvent, selon les modèles, ajouter des traitements numériques et des fonctions de connexion.
Cette architecture réduit parfois le nombre d'appareils séparés nécessaires pour constituer une installation.
Elle peut aussi permettre au fabricant d'optimiser plus étroitement l'amplification et les haut-parleurs.
Cela ne signifie pas qu'une enceinte active est systématiquement meilleure qu'un système passif.
L'intérêt dépend des attentes, de la pièce et des possibilités d'évolution souhaitées.
Un amateur de systèmes séparés peut préférer conserver la liberté de changer d'amplificateur ou de source.
Une autre personne privilégiera une solution compacte, plus facile à installer et à utiliser quotidiennement.
Ces approches peuvent coexister sans qu'une seule représente l'avenir exclusif de la haute-fidélité.
Les casques audio gardent leur place parmi les grandes nouveautés
Audio-Technica figurait au programme du samedi avec une intervention consacrée à la rencontre entre l'analogique et l'innovation.
Le dimanche, Meze Audio présentait son casque Arta.
La présence de ces marques rappelle que l'écoute au casque reste un domaine particulièrement actif.
Les attentes y sont diverses.
Certains utilisateurs recherchent la réduction active du bruit et la mobilité. D'autres privilégient la restitution sonore dans un environnement calme.
Les casques ouverts, par exemple, peuvent offrir une sensation d'espace différente de celle des casques fermés.
Ils laissent cependant généralement entrer davantage de bruit extérieur et diffusent une partie du son dans l'environnement.
La qualité d'un casque ne peut pas être résumée par sa gamme de prix ou par son positionnement audiophile.
Le confort, le poids, la pression exercée sur la tête et la compatibilité avec la source audio influencent l'expérience.
Une écoute rapide sur un stand permet de se faire une première idée, mais elle ne remplace pas une utilisation prolongée.
C'est particulièrement vrai pour le confort et la fatigue auditive.
Klipsch fête 80 ans et relie technologie et musique vivante
Le Paris Audio Video Show ne se limitait pas à la présentation d'équipements.
Klipsch profitait de l'édition 2026 pour célébrer son 80e anniversaire.
Une intervention consacrée à la marque figurait au programme du samedi à 16 h 30.
Un concert anniversaire était également programmé à 18 heures avec Johnny Gallagher & The Boxty Band, accompagnés de Gaëlle Buswel.
Cette présence de la musique vivante n'est pas anecdotique.
Les équipements audiophiles sont souvent présentés au moyen de mesures techniques, de composants et de spécifications.
Mais leur vocation reste de restituer une expérience musicale.
Le concert rappelle ainsi la distance entre les performances théoriques d'un appareil et les attentes de l'auditeur.
Une enceinte doit être évaluée sur sa capacité à restituer la musique de manière cohérente, pas uniquement sur la quantité d'informations figurant dans sa fiche technique.
Gaming, DJ et cinéma complètent le programme
L'ouverture de la scène du samedi était consacrée au jeu vidéo, avec une table ronde animée par Gia en présence de Philips.
Le rapprochement entre gaming et audiovisuel est logique.
Les joueurs utilisent des téléviseurs et des moniteurs dont la qualité d'affichage, la latence et les capacités de traitement de l'image peuvent influencer l'expérience.
Pour un téléviseur destiné au jeu, la fidélité des couleurs ne suffit pas à elle seule.
Il faut également considérer le temps de réponse, la latence d'entrée, la prise en charge des fréquences variables et les modes d'affichage disponibles.
Le salon accueillait aussi la finale française des DMC World DJ Championships, organisée les 24 et 25 octobre.
Cette compétition met en avant une autre relation à la technologie audio : celle de la performance, du mixage et de la manipulation musicale en direct.
Enfin, le programme comprenait Hors Cadre, un espace associant cinéma et son autour de courts-métrages et de documentaires sonores.
L'événement embrasse ainsi plusieurs dimensions complémentaires de l'audiovisuel, de l'écoute individuelle à la création musicale et au spectacle.
Les démonstrations donnent envie, mais ne remplacent pas les mesures
Le principal intérêt d'un rendez-vous comme le Paris Audio Video Show est de pouvoir découvrir plusieurs univers audiovisuels au même endroit.
Un téléviseur peut y être observé à côté d'autres technologies d'affichage. Une enceinte peut être écoutée dans une salle dédiée. Un casque peut être essayé avant un éventuel achat.
Ces expériences apportent des informations qu'une simple fiche produit ne peut pas transmettre.
Elles comportent néanmoins des limites.
Les salles de démonstration ne possèdent pas toutes les mêmes caractéristiques acoustiques.
Les téléviseurs peuvent être réglés différemment, et les vidéoprojecteurs peuvent être installés dans des conditions particulièrement favorables.
Les morceaux sélectionnés pour une démonstration mettent parfois en valeur certaines qualités d'un système.
Cela ne signifie pas que les exposants cherchent nécessairement à tromper les visiteurs.
Cela rappelle simplement qu'une démonstration commerciale est conçue pour montrer un appareil dans de bonnes conditions.
Pour établir un jugement technique, il faut aussi des mesures, des comparaisons reproductibles et des tests sur des contenus variés.
Les performances de contraste, la fidélité des couleurs, la distorsion ou la réponse en fréquence ne peuvent pas être classées sérieusement à partir du seul programme du salon.
Le prix d'un équipement ne dit pas tout de son intérêt
La haute-fidélité et le home-cinéma comptent des appareils couvrant une très large gamme de budgets.
Pour les visiteurs, la tentation est grande de comparer les produits principalement à partir de leur positionnement commercial.
Mais l'appareil le plus coûteux n'est pas nécessairement celui qui correspondra le mieux à une pièce, à des habitudes ou à des contraintes pratiques.
Un grand téléviseur exige une distance de visionnage adaptée.
Un vidéoprojecteur bénéficie souvent d'un meilleur contrôle de la lumière.
Une installation home-cinéma multicanale nécessite de la place pour les enceintes et leurs câbles.
Un système audio connecté dépend également de la qualité du réseau et du suivi logiciel de son fabricant.
L'achat doit donc tenir compte de l'ensemble du système plutôt que d'un produit isolé.
Il faut aussi vérifier les mises à jour, la réparabilité, les connexions disponibles et les éventuelles limites d'interopérabilité.
Ces critères sont parfois moins spectaculaires que la promesse d'une nouvelle technologie, mais ils déterminent souvent la satisfaction à long terme.
Paris Audio Video Show 2026 : un panorama de l'audiovisuel domestique
Cette édition 2026 montre un secteur où plusieurs orientations progressent simultanément.
Les fabricants de téléviseurs cherchent à améliorer la gestion des couleurs et de la lumière.
La vidéoprojection travaille sur la taille d'image et la facilité d'intégration dans les logements.
Les spécialistes de l'audio développent des systèmes immersifs, des solutions multiroom et des enceintes toujours plus intégrées.
Les marques historiques de la haute-fidélité continuent, de leur côté, à défendre les qualités acoustiques et l'écoute musicale.
Aucune de ces tendances n'efface complètement les autres.
Le programme de Paris Audio Video Show 2026 dessine plutôt un marché dans lequel les utilisateurs peuvent choisir entre plusieurs expériences : installation discrète, système connecté, cinéma à domicile ou écoute audiophile traditionnelle.
À l'issue des journées grand public, le salon poursuit son calendrier avec une journée réservée aux professionnels le 26 octobre.
Il faudra attendre un bilan officiel pour connaître la fréquentation réelle de cette édition.
Sur le plan technologique, les présentations confirment surtout une tendance : l'avenir de l'image et du son ne repose pas sur une unique innovation, mais sur la manière dont écrans, enceintes, logiciels et contenus fonctionnent ensemble.