Il existe deux façons assez efficaces de montrer qu'une batterie externe possède un système de refroidissement liquide. La première consiste à publier un schéma technique. La seconde, beaucoup plus amusante, consiste à installer une petite fenêtre à travers laquelle on peut regarder le liquide circuler. UGREEN a choisi les deux. Sur sa MagFlow Pro, la partie supérieure du boîtier laisse apparaître de fins canaux parcourus par un liquide de refroidissement. Une micropompe assure sa circulation pendant le fonctionnement. L'objet ressemble presque à un accessoire de PC miniature accroché au dos d'un téléphone. Cette batterie magnétique de 10 000 mAh n'est pourtant pas un concept destiné à attirer les visiteurs d'un salon. UGREEN l'a présentée le 4 septembre 2026 à l'IFA de Berlin et commercialisée dans plusieurs marchés. Le 17 octobre, Michael Burkhardt de 9to5Mac lui a consacré une nouvelle prise en main. Son retour permet de dépasser un peu la curiosité suscitée par le refroidissement liquide. Oui, le système est visible et original. Mais la batterie reste relativement épaisse, chauffe encore pendant la recharge et coûte nettement plus cher que de nombreux modèles conventionnels. Le véritable intérêt de la MagFlow Pro se situe donc moins dans son apparence que dans le problème qu'UGREEN cherche à résoudre.
Pourquoi une batterie magnétique a-t-elle besoin de refroidissement ?
La recharge sans fil a un défaut difficile à faire disparaître : elle produit des pertes énergétiques. L'énergie est transmise entre deux bobines par induction électromagnétique. Une partie de cette énergie est transformée en chaleur au lieu de parvenir à la batterie du smartphone. Les circuits électroniques, les bobines et les cellules de la batterie externe peuvent également chauffer pendant l'opération. Le problème est particulièrement sensible avec un accessoire magnétique. La batterie reste plaquée contre l'arrière du téléphone, ce qui rapproche les deux sources potentielles de chaleur. Lorsque les températures deviennent trop élevées, les systèmes de protection peuvent réduire automatiquement la puissance de recharge. Le téléphone continue de recevoir de l'énergie, mais moins rapidement. C'est ici que le passage de 15 à 25 W devient intéressant. La puissance nominale augmente d'environ 67 %. Cette évolution permet théoriquement de transmettre davantage d'énergie sur une période donnée, à condition que le téléphone l'accepte. Elle accroît aussi les exigences de gestion thermique. UGREEN a donc choisi d'intégrer un système de refroidissement actif plutôt que de compter uniquement sur la dissipation naturelle de la chaleur. L'objectif n'est pas de transformer l'iPhone en appareil réfrigéré. Il est de limiter suffisamment la montée en température pour préserver des conditions de recharge plus favorables.
CryoPulse : une vraie micropompe dans une batterie de poche
UGREEN appelle son système CryoPulse. Une micropompe déplace le liquide dans de petits canaux intégrés au boîtier. Ce circuit contribue à répartir l'énergie thermique au lieu de la laisser s'accumuler à proximité de certains composants. Le fabricant associe cette circulation à une structure de diffusion thermique en cuivre et à une organisation interne destinée à séparer plusieurs sources de chaleur. Le système ThermalGuard ajuste quant à lui le fonctionnement de la recharge en fonction des conditions détectées. L'ensemble représente une architecture beaucoup plus élaborée que celle d'une batterie externe magnétique classique. Le point le plus visible reste la fenêtre transparente. UGREEN a volontairement rendu la circulation du liquide observable. Ce choix n'améliore pas directement la dissipation thermique, mais il permet de constater que le système fonctionne. Pendant l'IFA, les journalistes de Club386 ont pu manipuler l'accessoire et observer le liquide circuler à travers le panneau. La présentation du 17 octobre publiée par 9to5Mac confirme également cet élément distinctif. Reste une question à laquelle une fenêtre ne peut pas répondre : la micropompe continuera-t-elle à fonctionner correctement après des années de transport, de vibrations et de cycles de recharge ? UGREEN communique sur la conception de son système, mais les données indépendantes de fiabilité à long terme restent limitées. L'ajout d'un composant mécanique peut améliorer une fonction tout en créant un élément supplémentaire susceptible de s'user.
Jusqu'à 10 °C de moins : ce que promet réellement UGREEN
Le fabricant met en avant une réduction thermique pouvant atteindre environ 10 °C par rapport à une référence sectorielle. Dans sa communication de septembre, UGREEN indiquait notamment que la température maximale de sa solution pouvait rester jusqu'à dix degrés sous une valeur de référence de 48 °C pendant la recharge d'un iPhone 17 Pro Max. Une fiche officielle internationale évoque pour sa part une différence pouvant atteindre 18 degrés Fahrenheit. Attention à l'unité : 18 °F d'écart représentent environ 10 °C, et non 18 °C. Ces affirmations ne signifient pas qu'un iPhone chaud à 40 °C descendrait systématiquement à 30 °C après l'installation de la MagFlow Pro. Tout dépend de ce qui est mesuré : surface de contact, composant interne, boîtier de la batterie ou température du téléphone. Les conditions ambiantes et la puissance effectivement délivrée influencent aussi le résultat. La prise en main de 9to5Mac apporte une précision concrète : l'accessoire reste chaud lorsqu'il recharge un téléphone. Le refroidissement liquide ne le rend donc pas froid au toucher. Il sert à gérer les températures, pas à supprimer entièrement leur augmentation. Faute d'un protocole comparatif indépendant, il serait prématuré d'affirmer que la MagFlow Pro protège systématiquement mieux la batterie d'un smartphone qu'un bon chargeur magnétique à refroidissement passif. Ce qui est établi, c'est l'existence du système et son fonctionnement visible. L'ampleur exacte de son bénéfice varie encore selon les conditions d'utilisation.
25 W sans fil et 45 W avec le câble USB-C intégré
La MagFlow Pro n'est pas seulement une expérience thermique. UGREEN propose une batterie externe de 10 000 mAh compatible avec la recharge magnétique Qi2.2 jusqu'à 25 W. Cette puissance correspond au maximum annoncé pour la liaison sans fil, et non à une valeur forcément maintenue pendant tout le cycle. Un smartphone limite sa vitesse de recharge en fonction de plusieurs paramètres, notamment son niveau de charge et sa température. La puissance diminue généralement à mesure que la batterie approche de sa capacité maximale. UGREEN affirme qu'un iPhone 17 Pro Max peut atteindre 50 % en environ 40 minutes avec sa solution, dans les conditions de test du constructeur. Il faudra des mesures indépendantes pour comparer ce résultat à celui d'autres batteries magnétiques. L'accessoire offre aussi un câble USB-C intégré. Cette connexion filaire peut atteindre une puissance maximale annoncée de 45 W. C'est une fonction utile pour un téléphone compatible, mais également pour d'autres appareils possédant un port USB-C. Le câble peut servir de dragonne, ce qui évite de transporter un cordon supplémentaire. UGREEN prévoit aussi un port USB-C additionnel. En revanche, il ne faut pas additionner toutes les puissances maximales des sorties comme si elles pouvaient fonctionner simultanément à plein régime. La puissance totale disponible est plafonnée, notamment à 45 W selon les caractéristiques techniques rapportées. La répartition dépend donc du nombre d'appareils connectés et des modes de fonctionnement. Pour un utilisateur qui doit charger plusieurs équipements, cette différence est importante.
Le câble intégré pourrait être plus utile que le refroidissement liquide
La fenêtre verte attire le regard. Pourtant, l'une des meilleures idées de la MagFlow Pro est nettement moins spectaculaire. Son câble USB-C est toujours disponible. Une batterie magnétique fonctionne particulièrement bien avec les smartphones compatibles, mais elle perd une partie de son intérêt lorsqu'il faut recharger un appareil dépourvu de bobine de recharge sans fil ou d'aimants adaptés. Avec le câble, la même batterie peut alimenter un autre smartphone, des écouteurs ou différents accessoires USB-C, sous réserve de leurs besoins électriques. La recharge filaire présente aussi généralement un meilleur rendement énergétique que la recharge par induction. C'est un argument concret pour une batterie portable dont la réserve énergétique est limitée. Michael Burkhardt souligne justement l'utilité du câble pendant son essai pratique. Il s'agit probablement du détail qui apportera le plus souvent un bénéfice au quotidien. La recharge magnétique reste très pratique lorsqu'on se déplace, mais pouvoir utiliser rapidement un câble évite d'être dépendant d'un seul mode d'alimentation. UGREEN ajoute enfin un petit écran latéral. Il indique notamment le pourcentage de batterie restant et des informations relatives à la puissance de recharge. Cette présentation est plus informative qu'une simple rangée de quatre voyants lumineux. Elle facilite l'identification d'une recharge lente ou d'un niveau d'énergie insuffisant avant de quitter son domicile.
10 000 mAh ne signifient pas deux recharges complètes garanties
La capacité nominale de 10 000 mAh place cette MagFlow Pro dans une catégorie courante de batteries externes. Cela représente une réserve utile pour prolonger l'autonomie d'un smartphone pendant une journée chargée. Mais la valeur affichée ne correspond pas directement à la quantité d'énergie que le téléphone récupérera. La capacité est mesurée dans les conditions électriques des cellules internes. Lorsqu'une batterie externe recharge un téléphone, son électronique doit adapter la tension et transférer l'énergie. Ces opérations génèrent des pertes. La recharge sans fil ajoute ses propres pertes liées à l'induction et à l'alignement des bobines. C'est pourquoi une powerbank de 10 000 mAh ne garantit pas deux recharges complètes d'un téléphone doté d'une batterie de 5 000 mAh. Le nombre réel de cycles dépend de l'appareil, des températures et du mode de recharge. UGREEN fournit des estimations pour certains iPhone compatibles, mais ces chiffres correspondent à ses propres scénarios de test. Pour maximiser l'énergie réellement transmise, le câble USB-C peut donc être un meilleur choix, particulièrement lorsqu'il reste peu d'énergie dans la batterie externe. Le refroidissement liquide n'annule pas cette différence fondamentale entre recharge filaire et recharge sans fil.
Une batterie relativement épaisse, sans béquille intégrée
Le refroidissement actif n'est pas gratuit en termes d'encombrement. La MagFlow Pro doit loger ses cellules, les circuits de recharge, la bobine magnétique, le système de dissipation, la micropompe et les canaux contenant le liquide. La conséquence apparaît dès la prise en main. 9to5Mac décrit une batterie assez épaisse. Le journaliste regrette également l'absence de béquille. Ce dernier point peut sembler secondaire, mais plusieurs batteries magnétiques concurrentes intègrent un support permettant de poser le smartphone à l'horizontale ou à la verticale. C'est pratique pour regarder une vidéo, passer un appel ou consulter une recette pendant la recharge. La MagFlow Pro privilégie visiblement son dispositif de refroidissement plutôt que cette fonction supplémentaire. Son poids annoncé d'environ 230 grammes s'ajoute aussi à celui du téléphone. Fixée au dos d'un grand iPhone, la batterie rend donc l'ensemble sensiblement plus volumineux. Le problème peut être plus marqué sur des appareils de format particulier. 9to5Mac souligne notamment qu'elle risque de dépasser sous l'iPhone Duo, d'après les dimensions des accessoires et coques examinés. La fixation magnétique ne garantit donc pas une intégration physique idéale avec chaque smartphone compatible. Avant un achat, les dimensions sont presque aussi importantes que les watts annoncés.
Une technologie visible, mais pas indispensable pour tout le monde
La MagFlow Pro répond à un problème réel : les batteries magnétiques peuvent devenir chaudes, surtout lorsque leur puissance augmente. Mais tous les utilisateurs n'ont pas besoin d'un circuit liquide pour recharger leur téléphone. Une personne qui utilise occasionnellement une batterie externe pour gagner quelques pourcents pendant un trajet peut se satisfaire d'un modèle classique. Si les recharges sont courtes et peu fréquentes, le bénéfice d'un système thermique plus sophistiqué peut rester limité. L'intérêt devient plus crédible pour ceux qui sollicitent régulièrement la recharge sans fil rapide. Une utilisation prolongée, notamment dans un environnement chaud, peut entraîner davantage de contraintes thermiques. Un système capable de répartir la chaleur peut alors aider à éviter certaines diminutions de puissance. Cela reste un avantage potentiel à mesurer plutôt qu'une supériorité universelle déjà démontrée. Le système actif comporte aussi une complexité supplémentaire. Une batterie externe ordinaire contient déjà des circuits de protection. La MagFlow Pro y ajoute un liquide en circulation et une micropompe. Il faudra observer leur comportement à long terme, notamment en cas de chocs répétés ou de vieillissement. L'innovation présente donc un intérêt technique évident, sans rendre obsolètes les batteries magnétiques qui utilisent des solutions thermiques plus simples.
119,99 euros en Allemagne, 149,99 dollars aux États-Unis
Reste la question qui risque de décider de l'achat : le prix. UGREEN a annoncé un tarif public de 119,99 euros pour l'Allemagne au moment de la commercialisation européenne en septembre. Aux États-Unis, la MagFlow Pro est présentée à 149,99 dollars. 9to5Mac signalait cependant une promotion autour de 95 dollars lors de sa prise en main du 17 octobre. Il ne faut pas considérer cette réduction comme un prix permanent. Les offres peuvent évoluer, et les tarifs diffèrent selon les marchés. La marque avait également proposé des promotions de lancement en Europe. Au prix public, l'accessoire se place dans le segment premium des batteries magnétiques de 10 000 mAh. Cette position peut se défendre par le refroidissement actif et le câble intégré, mais elle expose directement UGREEN à la concurrence de modèles plus simples et moins coûteux. Un acheteur doit donc se demander ce qu'il valorise réellement. S'il veut avant tout une réserve d'énergie compacte, la MagFlow Pro n'est pas nécessairement le choix le plus rationnel. S'il souhaite une recharge Qi2.2 rapide, un câble de secours et une gestion thermique originale, l'offre devient plus intéressante. Le prix promotionnel peut changer significativement cet équilibre. Mais ce n'est pas la présence d'un liquide visible qui, à elle seule, justifie une dépense élevée.
Une bonne idée technique, avec des compromis très ordinaires
La MagFlow Pro illustre assez bien la direction que prennent les accessoires pour smartphones. Ils ne se contentent plus d'accumuler des cellules et d'annoncer une capacité. Ils intègrent des écrans, plusieurs modes de recharge et des technologies de gestion thermique qui étaient autrefois réservées à des appareils beaucoup plus volumineux. UGREEN pousse cette logique jusqu'au refroidissement liquide actif. La prouesse mérite l'attention, d'autant que son fonctionnement est visible et que le produit est déjà commercialisé. La prise en main du 17 octobre ramène toutefois la discussion à des considérations très concrètes. La batterie chauffe encore. Elle reste relativement volumineuse. Elle n'intègre pas de béquille. Et son prix dépasse celui de nombreuses alternatives. Le câble USB-C intégré, l'affichage latéral et la recharge Qi2.2 à 25 W constituent des arguments pratiques plus immédiatement vérifiables. Le refroidissement CryoPulse pourrait être un véritable avantage lors de recharges prolongées, mais sa supériorité thermique et ses effets sur la durée de vie des batteries méritent encore des mesures comparatives indépendantes. En attendant, la MagFlow Pro n'est ni une simple décoration technologique ni un accessoire indispensable à tous les possesseurs d'iPhone. C'est une batterie externe ambitieuse, pensée pour ceux qui veulent combiner recharge magnétique rapide et gestion thermique renforcée, et qui acceptent de payer davantage pour cette combinaison. La meilleure innovation n'est pas toujours celle que l'on voit bouger derrière une fenêtre. C'est celle dont on constate réellement l'utilité lorsque la batterie du téléphone arrive à 10 %.